Sunday, October 13, 2013

Manger son pain noir à Copenhague

C'est la dernière chose à laquelle je m'attendais, et je sais que je vais faire hurler les puristes, mais en 2013, on mange mieux à Copenhague qu'à Rome. Pour avoir posé mes valises dans les deux villes, à quelques mois d'intervalle, j'ai choisi mon camp. Et c'est celui du froid. Moi-même je me sens coupable de dédaigner pâtes, pizzas, antipasti, et tutti Chianti, pour du pain complet et du saumon fumé. J'ai tant adulé la cuisine italienne quand j'étais plus jeune. Elevée aux pâtes pour des questions de budget, j'ai pendant des années porté aux nues spaghetti, rigatoni, ravioli et autres lasagnes al forno. Aujourd'hui, un paquet de pâtes dure plus d'un an dans mon placard, et je me suis ouverte à d'autres horizons. Et tant pus pour les artichauts marinés, je préfère désormais la smorrebrod, cette tartine de pain complet (je suis une mauvaise Française, je préfère le pain noir à la baguette tradition) garnie de fromage frais, de poisson, de sauce acidulée à l'aneth, de roast-beef aussi, parfois.

Si la nation danoise est capable du pire, notamment cette espèce de fromage parfaitement cubique, qui se mange jeune et insipide, à côté duquel le cheddar est un summum de sophistication, elle est capable du meilleur. Nous avons au cours de nos kilomètres de marche à pied découvert quelques adresses formidables dans la capitale danoise.

Biomio est un des premiers et des seuls restaurants entièrement bio à Copenhague. Installé dans un ancien grand magasin Bosh, dont il a gardé les lettres de néon, cet immense restaurant du quartier des anciens abattoirs (un peu l'équivalent du Meatpacking district de New York, sauf que tous les junkies n'en sont pas encore partis, et qu'il arrive qu'on doive enjamber un toxico en train de se préparer une cuillère à soupe d'héroïne, true story) se remplit dès 18h30 d'une faune plutôt hipster.

Faites-vous installer à l'une des grandes tables de bois et allez commander directement au comptoir de la cuisine et au bar. Commencez avec un verre de sauvignon et deux ou trois morceaux de smorrebrod, garnis de fromage et roquette, ou encore de coeur d'artichaut et condiment à la betterave. Faites-vous plaisir ensuite avec le burger végétarien, gourmand de chez gourmand avec sa compotée d'oignons et là encore, sa belle tranche de pain complet.
 
Réservez en ligne pour le lendemain une table chez Manfreds & Vin, dans Norreborro, le quartier des restos et des bars, sauf que celui-ci, ouvert par un ancien du Noma, et dont j'avais lu une excellente critique dans le New York Times, est un peu à l'écart de tout. Ah si, il y a un petit bar juste à côté, si l'on va vers le parc sur lequel débouche la rue Jaegersborggade. Ambiance jeune, décontractée, super friendly, avec de bons vins français et des cacahuètes bien grasses. Idéal en attendant l'heure de sa résa.

Chez Manfreds, n'essayez pas de choisir quoi que ce soit, prenez d'office le menu dégustation et préparez-vous à rouler en sortant. Laitue braisée, agneau rosé, oeuf poché,... les sept plats à partager qui défileront à la table sera tous aussi goûteux et satisfaisants les uns que les autres.

Pas la peine d'enquiller sur un dessert, attendez le lendemain et allez goûter les brioches à la cannelle de la boulangerie Lagkagehuset. C'est une chaîne, il y en a 3-4 dans la ville, et beaucoup d'autres dans tout le pays, mais tout y fait envie. Restez simple dans votre choix de pâtisserie, et n'oubliez pas d'acheter un pain noir à rapporter dans votre valise, à découper en tranches et à congeler pour faire durer le plaisir à la maison.

Envie d'un brunch pas cher, à la cool, central et abondant ? Optez pour Rizraz, un brunch buffet pas cher (moins de 20 euros si ma conversion couronnes / euros est correcte) à côté de la place de l'Hôtel de ville, qui mixe nourriture traditionnelle (saumon, oeufs, encore du pain noir...) et mets libanais (houmos, falafels !!!!). Original, mais extrêmement satisfaisant.



A manger, je vous propose - encore une fois - de la jouer à l'américaine et d'accueillir l'automne avec une soupe de tomates et un petit grilled cheese. Il reste encore des tomates pas mal sur le marché, rapport à la belle arrière-saison, mais l'avantage de la soupe à la tomate, c'est qu'on peut la faire avec des tomates en boîte. Je dirais presque que c'est meilleur.

Il font donc l'équivalent d'une grosse boîte de tomates pelées, égouttées et posées dans un grand plat tapissé d'une feuille de papier d'alu ou mieux, sulfurisé. Salez, poivrez, ajoutez une gousse d'ail en chemise et des herbes (celles que vous aimez). Au four pour une bonne heure de rôtissage. Une fois les bords des tomates bien caramélisés, récupérez tomates et jus (en n'oubliant pas de gratter les sucs de cuisson au fond du plat), mettre au mixer et allonger avec un peu de bouillon.

Pour le grilled cheese, c'est simple comme un croque-monsieur : placez une tranche de fromage (avec les tomates, le chèvre marche bien) entre deux tranches de pain, ajoutez éventuellement quelques raisins secs ou cerneaux de noix et passez les deux côtés du sandwich dans une poêle beurrée. And that's it.

A écouter, tout cet album, mais surtout ce titre.

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