Thursday, September 12, 2013

User, abuser, détruire

J'avais commencé à écrire un texte qui me paraissait pas mal, et je ne sais pas comment ni pourquoi, mais impossible de remettre la main dessus. Blogger l'a avalé, on dirait. Ou peut-être ai-je juste oublié de l'enregistrer, en utilisatrice habituelle de Google Drive, qui sauvegarde n'importe quel document ouvert, le malin. 

Dommage, car j'y avais mis beaucoup de choses, dans ce texte, j'y parlais de mon côté maniaque, quand j'étais enfant. Maniaque de la conservation des choses. Pas en tant que telles, au contraire j'ai tendance depuis toujours à tout jeter. Mais vraiment tout. Genre jeter le chat aussi. Mais maniaque de la conservation en bon état. Comme dit ma mère, quand elle remet la main sur mes Barbie à la cave, c'est comme si elles n'avaient jamais été sorties de leur boîte. C'est un truc de famille. Je viens d'une lignée de grands malades mentaux du rangement et du ménage dont je suis fort heureusement un rejeton légèrement rebelle. Mais quand même, enfant j'étais bien atteinte. Et mes professeurs de s'extasier sur la propreté de mes cahiers.

Et puis un jour, j'étais en CM2, je me suis mise à mal écrire. J'aimais de plus en plus composer, rédiger, inventer, je griffonnais des pages et des pages, j'allais vite, trop vite pour soigner mon écriture qui est vite devenue digne de celle d'un médecin. Ma maîtresse n'était pas contente mais je m'en foutais. Plus tard, bien plus tard, je me suis mise à abîmer les choses, à perdre mes affaires et ça a été un grand bonheur de faire tomber une étiquette de plus, celle de "soigneuse".

Je ne pourrai jamais vivre dans le bordel, je me sens vite oppressée quand il y a trop d'objets autour de moi et j'ai l'esprit trop encombré pour vivre dans le désordre. Donc je range, j'accumule peu, je jette toujours trop. Mais j'use, j'abuse, je détruis, je casse. Je ne m'accroche plus à un état originel, je laisse évoluer, changer, disparaître aussi. 

Voilà vaguement ce que j'avais écrit, je ne me souviens absolument plus pourquoi, au milieu de l'été, une saison qui m'a emmenée vers des provinces du Sud très peu exotiques mais réconfortantes, tant pour le corps que pour l'esprit. 

Rome d'abord, dont je ne me souvenais plus que les rues étaient encore entièrement pavées. Aïe mes pieds. Puis Avignon, Cannes, Arles. Et au milieu, un mariage dans la Creuse, un anniversaire décadent dans le 6ème, un petit bout de Rock en Seine avec du Kendrick Lamar et du Kalkbrenner en bonne forme. Aux Rencontres photographiques d'Arles, j'ai découvert le travail de Michel Vanden Eeckhoudt dont les noirs et blancs, qui souvent interrogent la représentation de l'animal et son rapport à l'humain, sont bouleversants.     

Un soir de la fin août, alors que j'attaquais une pizza à la mozzarella et au basilic chez Grazie, je me suis mise au défit d'apprendre à faire une pizza décente chez moi. Pari réussi, avec une pierre à pizza et une super recette (ne VRAIMENT pas hésiter à faire lever la pâte dans le four, ça marche bien). Il ne manque que le petit goût de cramé que seul un four à bois peut donner, mais peut-être que si je faisais un peu brûler les bords de la pâte au briquet... non ? Non. Ok.

A écouter, comme d'habitude je navigue entre les extrêmes, du Lionel Hampton parce que ça va bien avec la fin de l'été, et cet assortiment d'électro du samedi soir bien senti, qui vient rappeler à point nommé qu'il est temps de se rhabiller et de retourner fréquenter les bars sombres. Automne, je ne suis pas si mécontente de te voir.     



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