Sunday, February 24, 2013

A well traveled woman

Connaissez-vous ce très beau Tumblr, tenu par Bekah, une Américaine qui a posé ses valises avec ses deux fils dans un coin perdu de l'ouest sauvage ? Si non, cliquez et inspirez-vous. Et faites vos valises. C'est ce que j'ai fait ces deux derniers jours. Je m'en vais, ou plutôt, je fuis.




Là où il y a un trop plein de plaisirs, de travail, d'envies, il n'y a plus d'écriture. Je me suis tue pendant si longtemps que j'ai le cerveau tout déconstruit.

Pendant ces quatre mois, j'ai fini une année un peu hardcore en terme de boulot, remis une grosse claque à mon roman (suppression d'environ un quart du texte, réécriture, désespoir - "c'est so nul" -, espoir - "c'est so brillant" - etc.), vu plein de films chouettes (mention über spéciale aux Bêtes du Sud Sauvage) et surtout eu envie de repartir un peu loin. Dont acte, je pars à l'Est d'Eden pour quelques semaines.




Ce dont j'ai le plus hâte, ça n'est même pas de m'attaquer à un pad thai devant un bouddha d'émeraude. Ce dont j'ai surtout besoin, très très envie là tout de suite, c'est de virer mes fringues et de me mettre sous le soleil exactement. 37° à Bangkok le jour de notre arrivée, ça devrait aller.




J'ai reçu pour Noël l'énorme somme photographique consacrée à Kate Moss. Et dedans il y a ce cliché, pris par François-Marie Banier, qui m'emplit d'une émotion un peu étrange chaque fois que je la regarde. Je ne suis pas tellement nostalgique de cette époque-là, de ces années-là de ma vie, je vivais dans une banlieue confortable mais morne, le lycée m'ennuyait, j'avais peu d'amis, beaucoup de facilités pour l'école et le seul endroit où j'étais vraiment heureuse était mon cours de danse classique. Je ne suis pas non plus nostalgique du corps de ces années-là, je n'ai pas l'impression qu'il ait beaucoup changé. En revanche, je suis nostalgique de l'insouciance de ces années-là. La légèreté qui passe en nous pendant quelques années, parfois juste quelques mois, qu'on ne sent même pas passer, en fait.

A seize ans, je passais des journées à traîner à la maison à moitié nue, je regardais des films, j'écoutais beaucoup de musique, je téléphonais à ma meilleure amie Juliette qui habitait à quelques centaines de mètres, je me nourrissais d'un verre de lait à midi et je n'en avais rien à faire. Aujourd'hui, j'ai l'impression parfois que chaque décision que je prends porte son poids de conséquences et d'anxiété. Je n'ai jamais regretté d'être devenue adulte, aujourd'hui encore je continue à penser que l'âge adulte est mille fois plus intéressant et excitant que l'enfance, mais je trouve de plus en plus difficile de garder une part d'inconséquence dans ma vie.

Ces derniers mois n'ont été qu'une course épuisante. Pour être performante, au fait de tout, s'empêcher de vieillir, garder l'énergie intacte et ne surtout pas m'avouer que parfois, j'ai envie de dormir neuf heures d'affilée.

Je rentrerai de Thaïlande avec de belles images, un beau bronzage et de nouveaux talents culinaires, j'espère. Et aussi pas mal de nouvelles envies pour ce blog. J'ai à la fois envie d'y mettre plus, et mieux. Vous verrez. Si ça se trouve, ce sera naze de chez naze.

En attendant, si vous n'avez pas encore vu cette petite vidéo à la fois ridicule et hilarante de Karlie Kloss en train de remixer "Gym Tonic" dans une cuisine, faites-vous plaiz.


Côté musique, c'est ce morceau qui me fait tournicoter de bonheur en ce moment. 

Une fois n'est pas coutume, aucun photo n'est de moi sur ce post. Je vous ai dit que j'avais besoin de vacances. 

1 comment:

MAAD said...

Il est nécessaire de toujours garder une part d'insouciance comme un pétard dans la poche d'un sale môme un 14 juillet.